Paroles d’habitants à la réunion publique du Centre-Ville

20 octobre 2022 

Après trois années d’interruption du fait du Covid, l’UHCV a renouvelé avec la longue tradition de la démocratie locale grenobloise : la réunion publique de l’Union de Quartier et de ses habitants avec les élus.

Cinq élus et à peu près une centaine d’habitants étaient au rendez-vous ce 20 octobre. Nous les en remercions.

Quatre sujets étaient à l’ordre du jour. Chacun d’eux a été introduit par un exposé, qui peut être consulté en cliquant sur ces liens :

L’objet de ce billet d’information est de restituer ce qu’ont dit les habitants, avant un compte rendu plus global de la réunion qui viendra dans un second temps.

Avec 30mn par sujet, durée imposée par les élus, il n’a pas été possible de donner la parole à tout le monde. Nous le regrettons. Les témoignages ont cependant été nombreux. En voici une bonne partie, livrés sans filtrage ni reformulation, choix qui a été fait par souci de fidélité envers la parole précise des personnes qui se sont exprimées.

photo : le Dauphiné Libéré


Verbatims des habitants sur la sérénité et la sécurité du PIÉTON :

« À la gare j’ai failli être renversé par une voiture. C’était un automobiliste lyonnais qui ne comprenait pas que j’étais sur un passage piéton. Il m’a insulté mais je ne lui en veux même pas car comment pouvait-il savoir que j’étais sur un passage piéton ? Il n’y a rien de vraiment visible qui le montre. »

« La police municipale est aveugle sur ce qui se passe dans les rues de Grenoble. »

« Cours Berriat on nous a mis des bandes bleues, personne ne sait ce que c’est. J’ai demandé à des cyclistes, eux non plus. »

« Très souvent les terrasses grandissent énormément et il y a à peine la place pour passer. »

« Les scooters qui foncent comme des malades dans les rues piétonnes c’est pas tout à fait normal. Je voudrais aussi savoir quelle est la réglementation par rapport aux parcs. »

« Avez-vous un bilan à nous apporter de l’action de la police municipale pour réglementer l’usage des deux roues dans les rues piétonnes ? »

« Les terrasses font que le lendemain on a tous les mégots. Je ne comprends pas pourquoi la municipalité ne demande pas que les terrasses nettoient la rue après. »

« Boulevard Agutte-Sembat, pour traverser on est obligé de s’arrêter au milieu du feu. Les jeunes passent en courant, les vieux se hissent jusqu’au milieu et ils attendent. »

Verbatims des habitants sur la pollution visuelle des TAGS :

« Frais de restauration pour le nettoyage de la toiture 28 000 €, seulement 16 000 € sont pris en charge par l’assurance, le reste est pour les huit copropriétaires. On est obligé de remplacer toutes les ardoises, de dé-souder le zinc des oeils-de-boeuf, de passer les cheminées au karcher.» (Immeuble place Victor Hugo)

« J'arrive de Lyon. Les peintures anti tags c'est spectaculaire, les tags s'effacent immédiatement, c'est vraiment très efficace. »

« Je me suis baladée à Orléans la ville est impeccablement propre, donc c’est possible. »

« Est-il possible de sensibiliser les jeunes car c'est avant tout une question d'éducation. »

« À l’école de mes enfants il y a un tag un peu particulier qui est le menu de la drogue au quartier Hoche. Ça fait plusieurs semaines voire plusieurs mois qu'il est affiché. Le week-end dernier, un des jeunes de la zone exhibait une arme de poing à ses amis. »

« Mettez des caméras ! »

« Je crois que cette réunion est un peu inutile si c’est pour entendre chaque année les mêmes propos, sans aucun progrès, aucun ! »

Verbatims des habitants sur les ÉCOLES et habitants sur-pollués :

« Rue Hoche les voitures nous empoisonnent en permanence. »

« Moi j’habite boulevard Gambetta et je m’interroge sur la santé de mes poumons. »

« Moi je pense qu’avoir fermé le boulevard Agutte-Sembat c’est une catastrophe. Parce que maintenant le boulevard Gambetta c’est horrible, cours Jean-Jaurès c’est horrible, il y a des bouchons de partout, et franchement la tranquillité des uns c’est l’absence de tranquillité des autres. »

« Le collège est directement concerné par les quatre points à l'ordre du jour de la réunion de ce soir. Ces quatre points soulignent de vraies problématiques qui atteignent des seuils intolérables. […] Nos élèves sont exposés à une pollution trop élevée, quel discours pouvons-nous tenir aux 1 400 familles qui fréquentent le collège ? » (Le directeur du collège de l’Aigle)

« Il faut supprimer l’automobile, c’est le mantra des écolos à Grenoble. La principale source de pollution à Grenoble n’est pas l’automobile mais c’est le chauffage au bois. Les particules qui sont dégagées par le chauffage au bois sont plus dangereuses que celles qui sont issues des véhicules diesel. En face de chez nous il y a une pizzeria à une centaine de mètres, trois à quatre fois par jour on a l’impression d’avoir un paquebot devant nous tellement ils dégagent de la fumée. »

« J’habite rue Hoche. C’est une circulation sans interruption le matin et le soir. Ça vient du stade de foot jusqu’au boulevard Gambetta et après. Et là, il n’y a que des voitures, et les motos passent sur les trottoirs. »

Verbatims des habitants sur la nuisance du BRUIT :

« Le tranquille restaurant de la rue Thiers qui a fermé s’est transformé en bar à bières qui sert jusqu’à 2h du matin tous les soirs. Actuellement nous ne pouvons plus dormir avant 2h du matin. »

« Je suis encore dans une tranche d’âge où je sors beaucoup mais moi aussi j’ai un travail, le matin je dois me réveiller. Ça ferme à 2h, ça gueule jusqu’à 3, à 5h vous avez les camions poubelles. La question c’est quand est-ce qu’on dort ? »

« On a fait le choix de venir habiter en centre-ville parce qu’on voulait vivre en centre-ville et on est jeune. On est dégoûté, on est vraiment dégoûté. On a acheté un appartement qu’on a rénové et on se rend compte que la nuit c’est carrément un problème. Encore hier soir on a appelé la police municipale. Ce matin encore tout était cassé dans la rue mais la police peut rien faire, elle peut pas venir, elle n’a pas le temps. Alors si la police peut pas faire respecter la loi … »

« Il me semble qu’on ne peut autoriser le fonctionnement d’établissements publics sans avoir vérifé qu’il y a suffisamment de toilettes. Normalement, aucune terrasse ne pourrait être utilisée parce que le taux de toilettes obligatoires et accessibles n’est jamais respecté. »

« Le sujet du bruit est un sujet de colère profonde ! On a été tous très agiles pendant la période Covid pour adapter les choses sur l’espace public pour les commerçants. Comment peut-on imaginer qu’on vive ensemble en ville en autorisant des terrasses, espaces ouverts au-delà de 22 ou 23h et se dire que c’est impossible de faire quelque chose. On est à la limite du bon sens ! Totale ! »

Et maintenant ?

On le voit, l’UHCV a du pain sur la planche pour continuer d’avancer sur les quatre sujets abordés à la réunion publique, qui ne sont pourtant pas les seuls à traiter.

L’Union de Quartier ne manquera donc pas de poursuivre son travail sur tous ces points. Il sera construit dans l’écoute de ces témoignages à vif et en prenant en compte les réponses faites par les élus, dont nous parlerons ultérieurement lors des actions de l’année à venir. À suivre ...


Dans leur édition du 20 octobre, le Dauphiné Libéré a résumé leur vision de la réunion, et a rendu compte de la majorité des réponses faites par les élus, ce qui est disponible par ce lien vers l'article.